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Tome premier.
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DE L’ ESPRIT DES LOIS,

citoyen estime peu de terre ce qui est suffisant„ pour nourrir un homme!”

Comme l’égalité des fortunes entretient lafrugalité, la frugalité maintient l’égalité des for-tunes. Ces choses, quoique différentes, sont tellesqu’elles ne peuvent subsister l’une sans l’autre;chacune d’elles est la cause et l’effet ; si l'une seretire de la démocratie, l’autre la suit toujours.

Il est vrai que , lorsque la démocratie estfondée sur le commerce I? , il peut fort bien arriverque des particuliers y aient de grandes richesses,et que les moeurs n’y soient pas corrompues. C’estcjue l’esprit de commerce entraîne avec soi celuide frugalité, d’économie, de modération , detravail, de sagesse, de tranquillité, d’ordre et deréglé. Ainsi , tandis que cet esprit subsiste, lesrichesses qu’il produit n’ont aucun mauvais effet.Le mal arrive lorsque l’excès des richesses détruitcet esprit de commerce ; on voit tout-à-coupnaître les desordres de l’inégalité, qui ne s’étoientpas encore fait sentir.

Pour maintenir l’esprit de commerce , il fautque les principaux citoyens le fassent eux-mêmes;que cet esprit règne seul, et ne soit point croisépar un autre; que toutes les lois le favorisent;que ces mêmes lois , parleurs dispositions, divi-sant les fortunes à mesure que le commerce lesgrossit, mettent chaque citoyen pauvre dans uneassez grande aisance pour pouvoir travailler com-me les autres ; et chaque citoyen riche dans une

telle