LIVRE V , C H A P. VII.
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de villes , donné de lois ; et qu’au contraire ceuxqui avoient des moeurs simples et austères ont faitla plupart des établissements ; rappeler les hom-mes aux maximes anciennes, c’est ordinairementles ramener à la vertu.
De plus, s’il y a eu quelque révolution . etque l’on ait donné à l’état une forme nouvelle,cela n’a guère pu se faire qu’avec des peines et destravaux infinis, et rarement avec l’oisiveté et desmoeurs corrompues. Ceux même qui ont fait larévolution ont voulu la faire goûter, et ils n’ontguère pu y réussir que par de bonnes lois 2S . Lesinstitutions anciennes sont donc ordinairement descorrections , et les nouvelles, des abus. Dans lecours d’un long gouvernement, on va au mal parune pente insensible , et on ne remonte au bienque par un effort.
On a douté si les membres du sénat dont nousparlons doivent être à vie, ou choisis pour untemps 27 . Sans doute qu’ils doivent être choisispour la vie, comme cela se pratiquoit à Rome 3 ,à Lacédémone b , et à Athènes même. Car il nefaut pas confondre ce qu’on appeloit le sénat àAthènes, qui étoit un corps qui changeoit tous
a Les magistrats y étoient annuels, et les se'nateurs pour Uvie.
b Lycurgue , dit Xénophon, de republ. lacedœm. voulut5, qu’on élût les sénateurs parmi les vieillards, pour qu’ils ne se„ négligeassent pas même à la fin de la vie; et en les établissant„ juges du courage des jeunes gens, il a rendu la vieillesse de„ ceux-là plus honorable que la force de ceUx-ci.”