lS-J. DE L’iSPHIT DES LOIS,
il faut des dispositions sages et insensibles : nonpas des confiscations , des lois agraires, des abo-litions de dettes, qui font des maux infinis 3S .
Les lois doivent ôter le droit d’aînesse entre lesnobles a , afin que, par le partage continuel dessuccessions, les fortunes se remettent toujoursdans l’égalité.
Il ne faut point de substitutions, de retraitslignagers, de majorats, d'adoptions. Tous lesmoyens inventés pour perpétuer la grandeur desfamilles dans les états monarchiques 39 ne sauroientêtre d’usage dans l’aristocratie b .
Quand les lois ont égalisé les familles, il leurreste a maintenir l’union entre elles. Les diffé-rents des nobles doivent être promptement dé-cidés ; sans cela les contestations entre les person-nes deviennent des contestations entre les familles.Des arbitres peuvent terminer les procès , ou lesempêcher de naître.
Enfin il ne faut point que les lois favorisent lesdistinctions que la vanité met entre les familles ,sous prétexte qu’elles sont plus nobles ou plusanciennes ; cela doit être mis au rang des petitessesdes particuliers.
On n’a qu a jeter les yeux sur Lacédémone;on verra comment les éphores surent mortifier lesfoiblesses des rois , celles des grands, et celles dupeuple 40 .
a Cela est ainsi établi à Venise. Amelot de la Houssaye, p. 30. 31.
b II semble que l’objet de quelques aristocraties soit moinsde maintenir l’état, que ce qu’elics appellent leur noblesse.