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l’égarement même , ils ne soupiraient qu’aprèsles lois et leur devoir, et retardoient la fougue etl’impétuosité des factieux plus qu’ils ne pouvoientla servira.
Le cardinal de Richelieu , pensant peut-êtrequ’il avoit trop avili les ordres de l'étât, a recours,pour le soutenir, aux vertus du prince et de sesministres b ; et il exige d’eux tant de choses, qu’envérité il n’y a qu’un ange qui puisse avoir tantd’attention , tant de lumières, tant de fermeté,tant de connoissances ; et on peut à peine se flat-ter que , d’ici à la dissolution des monarchies, ilpuisse y avoir un prince et des ministres pareils.
Comme les peuples qui vivent sous une bonnepolice sont plus heureux que ceux qui, sansrègle et sans chefs, errent dans les forêts ; ainsiles monarques qui vivent sous les lois fondamen-tales de leur état, sont-ils plus heureux 55 que lesprinces despotiques, qui n’ont rien qui puisserégler le coeur de leurs peuples ni le leur.
a Mémoires du cardinal de Retz , et autres histoires,b Testament politique.