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Tome premier.
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tribuns, et à une monarchie, où le peuple a, enquelque façon, des tribuns.

En effet, on voit par-tout que, dans les mouve-ments du gouvernernentdespotique,lepeuple,menépar lui-même, porte toujours les choses aussi loinqu’elles peuvent ' aller ; tous les désordres qu’ilcommet sont extrêmes : au lieu que, dans les monar-chies, les choses sont très-rarement portées à l’excès.Les chefs craignent pour eux-mêmes, ils ont peurd’être abandonnés; les puissances intermédiairesdépendantes 3 ne veulent pas que le peuple prennetrop le dessus. Il est rare que les ordres de l’étatsoient entièrement corrompus. Le prince tient àces ordres : et les séditieux, qui n’ont ni la volonténi l’espérance de renverser l’état, ne peuvent nine veulent renverser le prince.

Dans ces circonstances, les gens qui ont de lasagesse et de l’autorité s’entremettent ; on prenddes tempéraments, on s’arrange, on se corrige ;les lois reprennent leur vigueur et se font écouter.

Aussi toutes nos histoires sont-elles pleines deguerres civiles sans révolutions ; celles des étatsdespotiques sont pleines de révolutions sans guerresciviles.

Ceux qui ont écrit l’histoire des guerres civilesde quelques états, ceux même qui les ont fomen-tées , prouvent assez combien l’autorité que lesprinces laissent à de certains ordres pour leur ser-vice, leur doit être peu suspecte, puisque, dans

a Voyez ci-dessus la première note du livre II, chap. IV.

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