LIVRE V, CHAR. XI V.
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craindre d’exposer au grand jour sa stupidité na-turelle. Il est caché, et l’on ignore l’état où ilse trouve. Par bonheur les hommes sont tels dansces pays , qu'ils n’ont besoin que d’un nom quiles gouverne.
Charles XII, étant à Bender, trouvant quel-que résistance dans le sénat de Suède , écrivitqu’il leur enverrait une de ses bottes pour lescommander. Cette botte aurait gouverné commeun roi despotique.
Si le prince est prisonnier, il est censé êtremort, et un autre monte sur le trône. Les traitésque fait le prisonnier sont nuis ; son successeur neles ratifieroit pas. En effet, comme il est les lois,l’état et le prince, et cpie sitôt qu’il 11’est plus leprince il n’est rien, s’il n etoit pas censé mort,l’état serait détruit.
Une des choses qui détermina le plus les Turcsà faire leur paix séparée avec Pierre I er fut que lesMoscovites dirent au visir qu’en Suède on avoitmis un autre roi sur le trône a .
La conservation de l’état n’est que la conserva-tion du prince , ou plutôt du palais où il est en-fermé. Tout ce qui ne menace pas directementce palais ou la ville capitale 60 ne fait point d’im-pression sur des esprits ignorants, orgueilleux etprévenus ; et , quant à l’enchaînement des évé-nements , ils ne peuvent le suivre, le prévoir, ypenser même. La politique , ses ressorts et ses
a Suite de PufFen.iorfF, Histoire universelle, au traité dela Suèùe , chap. X.