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Tome premier.
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LIVRE V , CHAR. XVII.

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CHAPITRE XVII.

Des présents.

C^’tST un usage dans les pays despotiquesque l’on n’aborde qui que ce soit au-dessus de soisans lui faire un présent , pas même les rois.L’empereur du Mogol a ne reçoit point les re-quêtes de ses sujets qu’il n’en ait reçu quelquechose. Ces princes vont jusqu’à corrompre leurspropres grâces.

Cela doit être ainsi dans un gouvernement où

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personne n’est citoyen ; dans un gouvernementoù l’on est plein de l’idée que le supérieur ne doitrien à l’inférieur ; dans un gouvernement où leshommes ne se croient liés que par les châtimentsque les uns exercent sur les autres ; dans un gou-vernement où il y a peu d’affaires , et où il estrare que l’on ait besoin de se présenter devant ungrand , de lui faire des demandes, et encore moinsdes plaintes.

Dans une république les présents sont unechose odieuse, parce que la vertu n'en a pas be-soin. Dans une monarchie l’honneur est un motifplus fort que les présents. Mais dans l’état despo-tique , où il n’y a ni honneur ni vertu , on ne peutêtre déterminé à agir que par l’espérance des com-modités de la vie.

a Recueil des voyages qui ont servi à l’établissement de lacompagnie des Indes, tome I, page üo.

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