206 UE l’ E S P U I T DES LOIS,
C/est dans les idées de la république que Pla-ton a vouloit que ceux qui reçoivent des présentspour faire leur devoir, fussent punis de mort. Iln'en faut prendre , disoit-il , ni pour les chosesbonnes , ni pour les mauvaises.
C’étoit une mauvaise loi que cette loi romaine bqui permettoit aux magistrats de prendre de petitsprésents c , pourvu qu’ils ne passassent pas centécus dans toute l'année. Ceux à qui on ne donnerien ne désirent rien ; ceux à qui on donne unpeu désirent bientôt un peu plus, et ensuitebeaucoup. D'ailleurs , il est plus aisé de con-vaincre celui qui , ne devant rien prendre,prend quelque chose, que celui qui prend pluslorsqu’il devroit prendre moins, et qui trouvetoujours pour cela des prétextes, des excuses, descauses et des raisons plausibles.
CHAPITRE XVIII.
Des récompenses que le souverain donne.
Ï3ans lc-s gouvernements despotiques, où, com-me nous avons dit, on n’est déterminé à agir quepar l’espérance des commodités de la vie, le princequi récompense n’a que de l’argent à donner,a Liv. XII des Lois.
b Leg. VI, §. II, Dig. ad leg. Jiil. repet.c Munusctila.