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Tome premier.
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.livre V , e H A P . XIX. 209

Seconde question. Est-ce une bonne ma-xime qu’un citoyen puisse être obligé d’accepterdans l’armée une place inférieure à celle qu’il aoccupée ? On voyoit souvent, chez les Romains,le capitaine servir l’année d’après sous son lieute-nant 3 . C’est que , dans les républiques , lavertu demande qu’on fasse à l’état un sacrificecontinuel de soi-même et de ses répugnances.Mais, dans les monarchies, l’honneur, vrai oufaux , ne peut souffrir ce qu’il appelle se dégrader.

Dans les gouvernements despotiques, où l’onabuse également de l'honneur, des postes et desrangs , on fait indifféremment d’un prince ungoujat et d'un goujat un prince.

Troisième question. Mettra-t-on sur unemême tête les emplois civils et militaires P II fautles unir dans la république , et les séparer dansla monarchie. Dans les républiques il seroit biendangereux de faire de la profession des armes unétat particulier distingué de celui qui a les fonc-tions civiles ; et dans les monarchies il n’y auroitpas moins de péril à donner les deux fonctionsà la même personne.

On ne prend les armes dans la républiquequ’en qualité de défenseur des lois et de la patrie;c’est parce que l’on est citoyen qu’on se fait, pour

a Quelques centurions ayant appelé ail peuple pour deman-der l’emploi qu’ils avoient eu : „ Il est juste, mes compagnons ,,, dit un centurion, que vous regardiez comme honorables tous„ les postes où vous défendrez la république”. Tite-Live,liv. XLII.