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Tome premier.
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LIVRE VI, C H A P. V.

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pâleur sur tous les visages ; plus de confiance,plus d’honneur , plus d’amour, plus de sûreté,plus de monarchie.

Voici d’autres réflexions. Dans les états mo-narchiques , le prince est la partie qui poursuit lesaccusés, et les fait punir ou absoudre; s’iljugeoitlui-même, il seroit le juge et la partie.

Dans ces mêmes états, le prince a souvent lesconfiscations : s’iljugeoit les crimes, il seroit en-core le juge et la partie.

De plus, il perdroit le plus bel attribut de sasouveraineté, qui est celui de faire grâce a : ilseroit insensé qu’il fît et défît ses jugements : ilne voudrait pas être en contradiction avec lui-même.

Outre que cela confondrait toutes les idées,on ne saurait si un homme seroit absous, ou s’ilrecevrait sa grâce n .

O

Lorsque Louis XIII voulut être juge dans leprocès du duc de la Valette b , et qu’il appela pourcela dans son cabinet quelques officiers du parle-ment et quelques conseillers d’état, le roi lesayant forcés d’opiner sur le décret de prise-de-corps, le président de Bellièvre dit : „ Ou’il voyoit,, dans cette affaire une chose étrange, un prince

a Platon ne pense pas que les rois, qui sont, dit-il, prêtres,puissent assister au jugement où l'on condamne à la mort, àl’exil, à la prison.

b Voyez la relation du procès fait à M. le duc de la Va-lette. Elle est imprimée dans les Mémoires de Montrésor ,tome II , page 62.