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Tome premier.
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22 -i DE L’ ESP K II UES LOIS,

avant le jugement 3 , et ils voulurent que les biensdes condamnés fussent consacrés, pour que lepeuple n’en eût pas la confiscation. On verra dansle livre XI les autres limitations que l’on mit à lapuissance que le peuple avoit déjuger.

Solon sut bien prévenir l’abus que le peuplepourroit faire de sa puissance dans le jugementdes crimes : il Voulut que l’aréopage revît l'affaire ;que, s’il croyoit l’accusé injustement absous b , ill’accusât de nouveau devant le peuple ; que, s’ille croyoit injustement condamné c , il arrêtât l’exé-cution , et lui fît rejuger l’affaire : loi admirable,qui soumettoit le peuple à la censure de la ma-gistrature qu’il respectoit le plus, et à la siennemême !

Il sera bon de mettre quelque lenteur dansdes affaires pareilles, sur-tout du moment quel’accusé sera prisonnier , afin que le peuple puissese calmer et juger de sang froid.

Dans les états despotiques , le prince peutjuger lui-même. Il ne le peut dans les monarchies:la constitution seroit détruite, les pouvoirs inter-médiaires dépendants anéantis ; on verroit cessertoutes les formalités des jugements ; la craintes’empareroit de tous les esprits ; on verroit la

a C’étoit une loi d’Athènes, comme il paroît par Démos-thènes. Socrate refusa de s’en servir.

b Démosthènes, sur la Couronne, page 494, édit, de Franc-fort de l’an 1604.

c Voyez Philostrate, Vie des Sophistes , liv. I ; Vied’Eschine.