LIVRE VI, C H A P. XVIII. C49
qui inspire la crainte entre plus dans les ressortsdu gouvernement; j’allois dire que les esclaves ,
chez les Grecs et chez les Romains. Maisj’en-
tends la voix de la nature qui crie contre moi.
CHAPITRE XVIII.
Des peines pécuniaires , et des peines corporelles .
Nos pères les Germains n’admettoient guère quedes peines pécuniaires. Ces hommes guerriers etlibres estimoient que leur sang ne devoit être verséque les armes à la main. Les Japonais 4 , au con-traire , rejettent ces sortes de peines, sous prétexteque les gens riches éluderoient le3 punitions. Maisles gens riches ne craignent-ils pas de perdreleurs biens ? les peines pécuniaires ne peuvent-elles pas se proportionner aux fortunes P et enfinne peut-on pas joindre l’infamie à ces peines?
Un bon législateur prend un juste milieu ; iln’ordonne pas toujours des peines pécuniaires; iln’inflige pas toujours des peines corporelles.
a Voyez Kempfer,