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Tome premier.
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q 56 DE l’ H S l J R 1 T DES LOIS,

l’état, de l’inégalité des fortunes des particuliers,et du nombre d’hommes qu’on assemble dans décertains lieux.

Plus il y a d’hommes ensemble, plus ils sontvains , et sentent naître en eux l’envie de sesignaler par de petites choses a . S’ils sont en sigrand nombre que la plupart soient inconnus lesuns aux autres , l’envie de se distinguer redouble,parce qu’il y a plus d’espérance de réussir. Le luxedonne cette espérance ; chacun prend les marquesde la condition qui précède la sienne. Mais à forcede vouloir se distinguer, tout devient égal, et onne se distingue plus : comme tout le monde veutse faire regarder, on ne remarque personne.

Il résulte de tout cela une incommodité générale.Ceux qui excellent dans une profession mettent àleur art le prix qu’ils veulent ; les plus petits ta-lents suivent cet exemple ; il n’y a plus d’harmonieentre les besoins et les moyens. Lorsque je suisforcé de plaider , il est nécessaire que je puissepayer un avocat ; lorsque je suis malade , il fautque je puisse avoir un médecin.

Quelques gens ont pensé qu’en assemblanttant de peuple dans une capitale on diminuoitle commerce , parce que les hommes ne sontplus à une certaine distance les uns des autres.

a Dans une grande ville, dit l’auteur de la fable des Abeilles,tome I, page 133 , on s’habille au-dessus de sa qualité pour êtreestimé plus qu’on n'est par la multitude. C’est un plaisir pourun esprit foible presque aussi grand que celui de l’accomplisse-ment de ses désirs.