LIVRE VII, C H A P. IV.
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Dans le sénat de Rome , composé de gravesmagistrats, de jurisconsultes , et d’hommes pleinsde l’idée des premiers temps , on proposa , sousAuguste, la correction des moeurs et du luxe desfemmes. Il est curieux de voir dans Dion a avecquel art il éluda les demandes importunes de cessénateurs. C’est qu’il fondoit une monarchie etdissolvoit une république.
Sous Tibère, les édiles proposèrent, dans lesénat , le rétablissement des anciennes lois somp-tuaires b . Ce prince, qui avoit des lumières , s’yopposa. „ L’état ne pourrait subsister, disoit-il,„ dans la situation où sont les choses. Comment„ Rome pourroit-elle vivre P comment pourroient„ vivre les provinces? Nous.avions de la frugalité,„ lorsque nous étions citoyens d'une seule ville;„ aujourd’hui nous consommons les richesses de„ tout l’univers: on fait travailler pour nous les„ maîtres et les esclaves 13 .” Il voyoit bien qu’ilne fallait plus de lois somptuaires.
Lorsque , sous le même empereur, on pro-posa au sénat de défendre aux gouverneurs demener leurs femmes dans les provinces, à causedes dérèglements qu’elles y apportoient , cela futrejeté. On dit que les exemples de la dureté desanciens avaient été changés en une façon de vivreplus agréable c . On sentit qu’il falloit d’autresmoeurs.
a Dion Cassins , liv. LIV.
b Tacite, Annal, liv. III.
c Multa iluritiei veterum melius et lætius mutata. Tacite,Annal, liv. III.