264 UE L’ E S P K I T UES LOIS,
CHAPITRE VI.
Du luxe de la Chine.
Tl
AAzs raisons particulières demandent des loissomptuaires dans quelques états l6 . Le peuple ,par la force du climat, peut devenir si nombreux,et d’un autre côté les moyens de le faire subsisterpeuvent être si incertains, qu'il est bon de l’appli-quer tout entier à la culture des terres. Dans ceaétats, le luxe est dangereux, et les lois somp-tuaires y doivent être rigoureuses. Ainsi, poursavoir s’il faut encourager le luxe oti le proscrire,ou doit d’abord jeter les yeux sur le rapport qu’ily a entre le nombre du peuple et la facilité de letaire vivre. En Angleterre, le sol produit beau-coup plus de grains qu’il ne faut pour nourrirceux qui cultivent les terres et ceux qui procurentles vêtements : il peut donc y avoir des arts fri-voles , et par conséquent du luxe. En France , ilcroît assez de bled pour la nourriture des labou-reurs et de ceux qui sont employés aux manufac-tures. Déplus, le commerce avec les étrangerspeut rendre pour des choses frivoles tant dechoses nécessaires, qu’on n’y doit guère craindrele luxe.
A la Chine, au contraire, les femmes sont sifécondes 17 , et l’espèce humaine s’y multiplie à untel point, que les terres, quelque cultivées quelles