290 DE L’ESPRIT DES LOIS,
CHAPITRE VI.
De la corruption du principe de la monûrchie.
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Vomme les démocraties se perdent lorsque lepeuple dépouille le sénat, les magistrats et lesjuges de leurs fonctions ; les monarchies se cor-rompent lorsqu’on ôte peu-à-peu les prérogativesdes corps ou les privilèges des villes. Dans lepremier cas, on va au despotisme de tous ; dansl’autre , au despotisme d’un seul.
„ Ce qui perdit les dynasties de Tsin et de„ Soiii, dit un auteur chinois , c’est qu’au lieu„ de se borner, comme les anciens, à une inspec-„ tion générale , seule digne du souverain , les„ princes voulurent gouverner tout immédiate-„ ment par eux-mêmes 3 ”. L’auteur chinois nousdonne ici la cause de la corruption de presquetoutes les monarchies.
La monarchie se perd, lorsqu’un prince croitqu’il montre plus sa puissance en changeant l’ordredes choses qu’en le suivant; lorsqu’il ôte les fonc-tions naturelles des uns pour les donner arbitraire-ment à d'autres ; et lorsqu’il est plus amoureuxde ses fantaisies que de ses volontés.
a Compilation d’ouvrages faits sous les Ming , rapporte'spar le P. du Halde.