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difficile que tout autre gouvernement que le ré-publicain puisse subsister dans une seule ville. Unprince d’un si petit état chercheroit naturellementà opprimer, parce qu’il auroit une grande puis-sance etpeu de moyens pour en jouir et pour la fairerespecter: il fouleroit donc beaucoup ses peuples.D'un autre côté, un tel prince seroit aisément op-primé par une force étrangère, ou même par uneforce domestique ; le peuple pourroit à tous les in-stants s’assembler et se réunir contre lui : or, quandun prince d’une ville est chassé de sa ville, le pro-cès est fini ; s’il a plusieurs villes, le procès n’estque commencé.
CHAPITRE XVII.
Propriétés distinctives de la monarchie.
Un état monarchique doit être d’une grandeurmédiocre. S’il étoit petit, il se formeroit en ré-publique; s’il étoit fort étendu , les principaux del’état, grands par eux-mêmes, n’étant point sousles yeux du prince, ayant leur cour hors de sacour, assurés d’ailleurs contre les exécutions promp-tes par les lois et par les moeurs, pourraient ces-ser d'obéir; ils ne craindraient pas une punitiontrop lente et trop éloignée.
Aussi Charlemagne eut-il à peine fondé sonempire, qu’il fallut le diviser; soit que les gou-verneurs des provinces 11’obéîssent pas, soit que ,