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DE L’ESPRIT DES LOIS,
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subsister.. Dans une grande république, il y a degrandes fortunes, et par conséquent peu de modé-ration dans les esprits; il y a de trop grands dépôtsà mettre entre les mains d’un citoyen; les intérêtsse particularisent; un homme sent d’abord qu’ilpeut être heureux, grand, glorieux, sans sa pa-trie, et bientôt qu’il peut être seul grand sur lesruines de sa patrie.
Dans une grande république, le bien communest sacrifié à mille considérations ; il est subordonnéà des exceptions; il dépend des accidents. Dansune petite, le bien public est mieux connu , plusprès de chaque citoyen ; les abus y sont moinsétendus, et par conséquent moins protégés.
Ce qui fit subsister si long-temps Lacédémone,c’est qu'après toutes ses guerres elle resta toujoursavec son territoire. Le seul but de Lacédémoneétoit la liberté; le seul avantage de sa liberté,c’étoit la gloire.
Ce fut l’esprit des républiques grecques de secontenter de leurs terres comme de leurs lois.Athènes prit de l’ambition, et en donna à Lacé-démone; mais ce fut plutôt pour commander àdes peuples libres que pour gouverner des escla-ves , plutôt pour être à la tête de l’union quepour la rompre. Tout fut perdu lorsqu’une mo-narchie s’éleva; gouvernement dont l’esprit estplus tourné vers l’agrandissement.
Sans des circonstances particulières a , il est
a Comme quand un petit souverain se maintient entre deuxgrands états par leur jalousie mutuelle; mais il n’existe que pré-cairement.