3 22 DE L’ ESPRIT DES LOIS,
CHAPITRE X.
De la foiblesse des états voisins.
T
iohsqu on a pour voisin un état qui est danssa décadence, on doit bien se garder de hâter saruine, parce qu’on est à cet égard dans la situationla plus heureuse où l’on puisse être, n’y ayant riende si commode pour un prince que d’être auprèsd’un autre qui reçoit pour lui tous les coups ettous les outrages de la fortune. Et il est rare quepar la conquête d’un pareil état on augmente au-tant en puissance réelle qu’on a perdu en puis-sance relative.