LIVRE IX, en AP. VIII. 321
force de la discipline et du pouvoir militaire , ceuxqui sont divisés chez eux par des intérêts politiquesou civils. L’état se trouve foible à cause du mal quireste toujours; et il a été encore affaibli par leremède.
La maxime du sire de Coucy est une exceptionà la règle générale qui veut qu’on n’entreprennepoint les guerres lointaines ; et cette exceptionconfirme bien la règle , puisqu’elle n’a lieu quecontre ceux qui ont eux-mêmes violé la règle.
CHAPITRE IX.
De la force relative des états.
£ 'oute grandeur, toute force, toute puissanceest relative. Il faut bien prendre garde qu’en cher-chant à augmenter la grandeur réelle, on ne di-minue la grandeur relative.
Vers le milieu du règne de Louis XIV, laFrance fut au plus haut point de grandeur rela-tive. L’Allemagne n’avoit point encore les grand?monarques quelle a eus depuis. L’Italie étoit dansle même cas. L’Ecosse et l’Angleterre ne formoientpoint un corps de monarchie. L’Aragon n’en for-moit pas un avec la Castille; les parties séparéesde l’Espagne en étoient affoiblies et l’affoiblissoient.La Moscovie n’etoit pas plus connue en Europeque la Crimée.