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Tome premier.
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324 I> E 1’ E S 1> R II- DES LOTS,

état fait la guerre, parce que sa conservation estjuste comme toute autre conservation.

Entre les citoyens, le droit de la défense na-turelle n’emporte point avec lui la nécessité del'attaque. Au lieu d’attaquer, ils n’ont qu’à re- Icourir aux tribunaux. Ils ne peuvent donc exercerle droit de cette défense que dans les cas momen- !tanés, où l’on seroit perdu si l’on attendoit lesecours des lois. Mais, entre les sociétés, le droitde la défense naturelle entraîne quelquefois lanécessité d’attaquer, lorsqu’un peuple voit qu’uneplus longue paix en mettroit un autre en état dele détruire , et que l’attaque est dans ce momentle seul moyen d’empêcher cette destruction.

Il suit de là que les petites sociétés ont plussouvent le droit de faire la guerre que les grandes,parce quelles sont plus souvent dans le cas decraindre d’être détruites.

Le droit de la guerre dérive donc de la néces-sité et du juste rigide. Si ceux qui dirigent laconscience ou les conseils des princes ne se tiennentpas là, tout est perdu ; et, lorsqu’on se fonderasur des principes arbitraires de gloire, de bien-séance , d’utilité, des flots de sang inonderont laterre.

Oue l’on ne parle pas sur-tout de la gloire duprince; sa gloire seroit son orgueil : c’est une pas-sion . et non pas un droit légitime.

Il est vrai que la réputation de sa puissancepourroit augmenter les forces de son état ; mais laréputation de sa justice les augmenteroit tout demême.