33 o DE l’esprit DES lois,
C’est à un conquérant à réparer une partie desmaux qu’il a faits. Je définis ainsi le droit de con-quête: un droit nécessaire, légitime et malheureux,qui laisse toujours à payer une dette immense pours’acquitter envers la nature humaine.
CHAPITRE V.
I
Gélon , roi de Syracuse.
I_'E plus beau traité de paix dont l’histoire aitparlé est, je crois, celui que Gélon ht avec lesCarthaginois. Il voulut qu'ils abolissent la cou-tume d’immoler leurs enfants ». Chose admirable !Après avoir défait trois cent mille Carthaginois, ilexigeoit une condition qui n’étoit utile qu’à eux,ou plutôt il stipuloit pour le genre humain.
Les Bactriens faisoient manger leurs pères vieuxà de grands chiens: Alexandre le leur défendit b ;et ce fut un triomphe qu'il remporta sur la su-perstition.
CHAPITRE VI.
D'une république qui conquiert.
T
j; L est contre la nature de la chose que , dans uneconstitution fédérative, un état confédéré con-quière sur l’autre, comme nous avons vu de nos
a Voyez le recueil île M. de Barbcyrac, art. 112.b Strabon, liv. II.