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Tome premier.
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LIVRE X, C H A P. IV.

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gouvernement parvenu au point où il ne peutplus se réformer lui-même, que perdroit-il à êtrerefondu? Un conquérant qui entre chez un peupleoù, par mille ruses et mille artifices, le riche s’estinsensiblement pratiqué une infinité de moyensd’usurper; où le malheureux qui gémit, voyantce qu’il croyoit des abus devenir des lois, est dansl’oppression, et croit avoir tort de la sentir; unconquérant, dis-je, peut dérouter tout, et la ty-rannie sourde est la première chose qui souffre laviolence.

On a vu, par exemple, des états opprimés parles traitants être soulagés par le conquérant, quin’avoit ni les engagements ni les besoins qu’avoitle prince légitime. Les abus se trouvoient corrigéssans même que le conquérant les corrigeât.

Quelquefois la frugalité de la nation conqué-rante l’a mise en état de laisser aux vaincus le né-cessaire , qui leur étoit ôté sous le prince légitime.

Une conquête peut détruire les préjugés nui-sibles, et mettre, si j’ose parler ainsi, une nationsous un meilleur génie.

Quel bien les Espagnols ne pouvoient-ils pasfaire aux Mexicains ! Ils avoientàleur donner unereligion douce ; ils leur apportèrent une supersti-tion furieuse. Us auroient pu rendre libres lesesclaves; et ils rendirent esclaves les hommes libres.Us pouvoient les éclairer sur l’abus des sacrifices hu-mains ; au lieu de cela, ils les exterminèrent. Je n’au-rois jamais fini si je voulois raconter tous les biensqu'ils ne firent pas, et tous les maux qu’ils firent.