LIVRE X , C H A P. XIV.
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il envoya à Alexandrie une colonie de Juifs a : il nelui importoit quelles moeurs eussent ces peuples,pourvu qu’ils lui fussent fidèles.
Il ne laissa pas seulement aux peuples vaincusleurs moeurs, il leur laissa encore leurs lois civiles,et souvent même les rois et les gouverneurs qu’ilnvoit trouves. Il mettoit les Macédoniens b à latête des troupes , et les gens du pays à la tête dugouvernement; aimant mieux courir risque dequelque infidélité particulière (ce qui lui arrivaquelquefois), que d’une révolte générale. Il res •pecta les traditions anciennes et tous les monu-ments de la gloire ou de la vanité des peuples. Lesrois de Perse avoient détruit les temples des Grecs,des Babyloniens et des Egyptiens; il les rétablit c :peu de nations se soumirent à lui sur les autelsdesquelles il ne fît des sacrifices: il sembloit qu’iln’eût conquis que pour être le monarque particulierde chaque nation , et le premier citoyen de chaqueville. Les Romains conquirent tout pour tout dé-truire : il voulut tout conquérir pour tout conserver ;et, quelque pays qu’il parcourût, ses premièresidées , ses premiers desseins furent toujours de fairequelque chose qui pût en augmenter la prospérité etla puissance. Il en trouva les premiers moyens dansla grandeur de son génie; les seconds, dans sa
a Les rois de Syrie, abandonnant le plan des fondateurs del’empire, voulurent obliger les Juifs à prendre les moeurs desGrecs; ce qui donna à leur état de terribles secousses.
b Voyez Arrien , de exped. Alex. lib. III, et autres.
c Voyez Arrieu, ibid.