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Tome premier.
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312 H£ l’esprit des lois,

historiens ne nous disent pas que quelque autreconquérant puisse se vanter.

Rien n’affermit plus une conquête que l’unionquiseiait des deux peuples par les mariages. Alexan-dre prit des femmes delà nation qu’il avoit vain-cue : il voulut que ceux de sa cour a en prissentaussi; le reste des Macédoniens suivit cet exemple.Les Francs et les Bourguignons b permirent cesmariages: les Wisigoths les défendirent c en Es-pagne, et ensuite ils les permirent: les Lombardsne les permirent pas seulement, mais même lesfavorisèrent d : quand les Romains voulurent affoi-blir la Macédoine, ils y établirent qu’il ne pour-voit se faire d’union par mariages entre les peuplesdes provinces.

Alexandre, qui cherchoit à unir les deux peu-ples , songea à faire dans la Perse un grand nombrede colonies grecques: il bâtit une infinité de villes,et il cimenta si bien toutes les parties de ce nouvelempire, qu après sa mort, dans le trouble et laconfusion des plus affreuses guerres civiles, aprèsque les Grecs se furent pour ainsi dire anéantiseux-mêmes, aucune province jde Perse ne se ré-volta.

Pour ne point épuiser la Grèce et la Macédoine,

a Voyez Arrien, de exped. Alex. lib. VIT.

l> Vovez la loi des Bourguignons, tit. XII, art. V.

c Voyez la loi des Wisigoths, liv. III, tit. V, §. i, quiabroge la loi ancienne , qui avoit plus d’égards, y est-il dit, à ladifférence des nations que des conditions.

d Voyez la loi des Lombards, Liv.II, tit. VII, §. i et *.