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Tome premier.
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LIVRE xr, CHAT. VI.

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cette dernière la puissance déjuger; et l’autre,simplement la puissance exécutrice de l’état.

La liberté politique dans un citoyen est cettetranquillité d’esprit qui provient de l’opinion quechacun a de sa sûreté; et, pour qu’on ait cetteliberté, il faut que le gouvernement soit tel qu’uncitoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen.

Lorsque dans la même personne ou dans lemême corps de magistrature la puissance législa-tive est réunie à la puissance exécutrice, il n’y apoint de liberté, parce qu’on peut craindre quele même monarque ou le même sénat ne fasse deslois tyranniques pour les exécuter tyrannique-ment.

Il n’y a point encore de liberté si la puissancede juger n’est pas séparée de la puissance législa-tive et de l’exécutrice. Si elle étoit jointe à lapuissance législative, le pouvoir sur la vie et laliberté des citoyens seroit arbitraire; car le jugeseroit législateur. Si elle étoit jointe à la puissanceexécutrice, le juge pourrait avoir la force d’unoppresseur.

Tout seroit perdu si le même homme, ou lemême corps des principaux , ou des nobles, oudu peuple, exerçoit ces trois pouvoirs, celui defaire des lois, celui d’exécuter les résolutions pub-liques , et celui de juger les crimes ouïes différendsdes particuliers.

Dans la plupart des royaumes de l’Europe, legouvernement est modéré, parce que le prince,quia les deux premiers pouvoirs, laisse àses sujets