LIVRE XI, C H A P. VI.
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soient peuple, et aient le même esprit que lepeuple, comme cela fut à Rome jusqu’au tempsde Marius : et pour que cela soit ainsi il n’y a quedeux moyens ; ou que ceux qu’on emploie dansl’armée aient assez de bien pour répondre de leurconduite aux autres citoyens , et qu’ils ne soientenrôlés que potir un an , comme il se pratiquoità Rome ; ou , si 011 a un corps de troupes per-manent et où les soldats soient une des plus vilesparties de la nation, il faut que la puissance légis-lative puisse le casser sitôt qu’elle le désire; queles soldats habitent avec les citoyens, et qu’il n’yait ni camp séparé , ni casernes, ni place de guerre.
L’armée étant une fois établie , elle 11e doitpoint dépendre immédiatement du corps législatif,mais de la puissance exécutrice, et cela par lanature de la chose, son fait consistant plus en ac-tion qu’en délibération.
Il est dans la maniéré de penser des hommesque l’on fasse plus de cas du courage que de la timi-dité , de l'activité que de la prudence, de la forceque des conseils. L’armée méprisera toujours unsénat, et respectera ses officiers; elle ne fera pointcas des ordres qui lui seront envoyés de la partd’un corps composé de gens quelle croira timi-des , et indignes par-là de lui commander. Ainsi,sitôt que l’armée dépendra uniquement du corpslégislatif, le gouvernement deviendra militaire:et, si le contraire est jamais arrive, c’est l’fcüet dequelques circonstances extraordinaires ; c est quel’armée y est toujours séparée ; c’est qu’elle est