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et juges. C’est une des cinq espèces de monarchiesdont nous parle Aristote 3 : et c’est la seule quipuisse réveiller l'idée de la con-'itution monar-chique. Mais le plan de ceDe conv. itution est op-posé à celui de nos monarchies d'aujourd’hui.
I.cs trois pouvoirs v étoient distribués de ma-nière que le peuple y avoit la puissance législa-tive 1 , et le roi la puissance exécutrice avec lapuissance déjuger : au lieu que, dans les monar-chies que nous connoissons, le prince a la puis-sance exécutrice et la 1- Jslative , ou du moins unepartie de la législative ; mais il ne juge pas.
Dans le gouvernement des rois des temps hé-roïques , les trois pouvoirs étoient mal distribués.Ces monarchies ne pouvoient subsister : car désque le peuple avoit la législation, il pouvoit aumoindre caprice anéantir ia royauté, comme ilfit par-tout.
Chez un peuple libre et qui avoit le pouvoirlégislatif; chez un peunle renfermé dans une ville,où tout ce qu’il y a d'ndienx devient plus odieuxencore , le chef-d'oeuvre de la législation est desavoir bien placer la puissance de juger. Mais ellene le pouvoit être plus mal que dans les mainsde celui qui avoit déjà la puissance exécutrice.Dès ce moment le monarque devenoit terrible.Mais en même temps, comme il n’avoit pas lalégislation; il ne pouvoit pas se défendre contre
a Aristote, Polit. H v. III, chap. XIV.
b Voyez ce que dit Plutarque, vie de Thésée. Voyez aussiThucydide , liv. I.