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Tome premier.
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LIVRE XI, C II A P. XIII. 379

indiffèrent de quelle famille étaient les magistrats.

Une monarchie élective, comme étoit Rome,suppose nécessairement un corps aristocratiquepuissant qui la soutienne, sans quoi elle se changed’abord en tyrannie ou en état populaire. Maisun état populaire 11’a pas besoin de cette distinctionde familles pour se maintenir. C'est ce qui fit queles patriciens, qui étoient des parties nécessairesde la constitution du temps des rois, en devinrentune partie superflue du temps des consuls ; lepeuple put les abaisser sans se détruire lui-même,et changer la constitution sans la corrompre.

Quand Servius Tullius eut avili les patriciens,Rome dut tomber des mains des rois dans cellesdu peuple. Mais le peuple, en abaissant les pa-triciens, ne dut point craindre de retomber danscelles des rois.

Un état peut changer de deux manières; ouparce que la constitution se corrige , ou parce qu’ellese corrompt. S’il a conservé ses principes, et quela constitution change, c’est quelle se corrige : s’ila perdu ses principes quand la constitution vientà changer, c’est quelle se corrompt.

Rome, après l’expulsion des rois, devoit êtreune démocratie. Le peuple avoit déjà la puis-sance législative: c’était son suffrage unanime quiavoit chassé les rois’; et, s’il ne persistait pas danscette volonté, les Tarquins pouvoient à tous lesinstants revenir. Prétendre qu’il eût voulu les chas ■ser pour tomber dans l’esclavage de quelques famil-les, cela n’étoit pas raisonnable. La situation des