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DE L ESPRIT DES LOIS,
fane juger de l’infamie de la chose. Un princedoit agir avec ses sujets avec candeur, avec fran-chise , avec confiance. Celui qui a tant d’inquié-tudes, de soupçons et de craintes, est un acteurqui est embarrassé à jouer son rôle. Quand il voitqu’en général les lois sont dans leur force, etqu’elles sont respectées, il peut se juger en sûreté.L’allure générale lui répond de celle de tous lesparticuliers. Qu’il n’ait aucune crainte, il ne sau-roit croire combien on est porté à l’aimer. Eh !pourquoi ne l’aimeroit-on pas? Il est la source depresque tout le bien qui se fait; et quasi toutesles punitions sont sur le compte des lois. Il ne semontre jamais au peuple qu’avec un visage serein :sa gloire même se communique .à nous, et sa puis-sance nous soutient. Une preuve qu’on l’aime ,c’est que l’on a de la confiance en lui ; et que ,lorsqu’un ministre refuse, on s’imagine toujoursque le prince auroit accordé. Même dans les ca-lamités publiques on n’accuse point sa personne ;on se plaint de ce qu’il ignore, ou de ce qu’il estobsédé par des gens corrompus : Si le prince sa -voit, dit le peuple. Ces paroles sont une espèced’invocation, et une preuve de la confiance qu’ona en lui.
CHAPITRE XXIV.
Des lettres anonymes.
I-JES Tartares sont obligés de mettre leur nom
O
sur leurs flèches, afin que l’on connoisse la main