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Tome troisième.
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DE L'ESPRIT DES LOIS,

statuent sur le bien, la religion sur le meilleur.Le bien peut avoir un autre objet, parce qu’il ya plusieurs biens : mais le meilleur n’est qu’un ;il ne peut donc pas changer. On peut bien chan-ger les lois, parce quelles ne sont censée® qu’êtrebonnes : mais les institutions de la religion sonttoujours supposées être les meilleures.

q°. Il y a des états où les lois ne sont rien, oune sont qu’une volonté capricieuse et transitoiredu souverain. Si dans ces états les lois de la re-ligion étoient de la nature des lois humaines, leslois de la religion ne seroient rien non plus : ilest pourtant nécessaire à la société qu’il y aitquelque chose de fixe; et c’est cette religion quiest quelque chose de fixe.

3°. La force principale de la religion vient dece qu’on la croit; la force des lois humaines vientde ce qu’on la craint. L’antiquité convient à lareligion, parce que souvent nous croyons plus leschoses à mesure qu’elles sont plus reculées : carnous n’avons pas dans la tête des idées accessoirestirées de ces temps-là qui puissent les contredire.Les lois humaines, au contraire, tirent avantagede leur nouveauté, qui annonce une attentionparticulière et actuelle du législateur pour lesfaire observer.