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Tome cinquième.
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Comment aurois-je pu vivre, cherlJsbek, danston serrail d’Ispahan, dans ces lieux qui, me rappe-lant sans cesse mes plaisirs passés, irritoient tous lesjours mes désirs avec une nouvelle violence? J’erroisd’appartements en appartements, te cherchant tou-jours et ne te trouvant jamais, mais rencontrantpar-tout un cruel souvenir de ma félicité passée.Tantôt je me voyois en ce lieu où, pour la premièrefois de ma vie, je te reçus dans mes bras; tantôtdans celui où tu décidas cette fameuse querelleentre tes femmes : chacune de nous se prétendoitsupérieure aux autres en beauté. Nous nousprésentâmes devant toi, apres avoir épuisé toutce que l’imagination peut fournir de parures etd’ornements: tu vis avec plaisir les miracles denotre art; tu admiras jusqu’où nous avoit em-portées l’ardeur de te plaire. Mais tu fis bientôtcéder ces charmes empruntés à des grâces plusnaturelles ; tu détruisis tout notre ouvrage ; il fal-lut nous dépouiller de ces ornements qui t’étoientdevenus incommodes; il fallut paroître à ta vuedans la simplicité de la nature. Je comptai pourrien la pudeur; je ne pensai qu’à ma gloire.Heureux Usbek! que de charmes furent étalés àtes yeux! Nous te vîmes long-temps errer d’en-chantements en enchantements : ton ame incer-taine demeura long-temps sans se fixer : chaquegrâce nouvelle te demandoit un tribut : nousfumes en un moment toutes couvertes de tesbaisers : tu portas tes curieux regards dans leslieux les plus secrets : tu nous hs passer en un