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Tome cinquième.
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PERSANES.

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instant clans mille situations différentes: toujoursde nouveaux commandements, et une obéissancetoujours nouvelle. Je te l’avoue, Usbek, unepassion encore plus vive que l’ambition me fitsouhaiter de te plaire. Je me vis insensiblementdevenir la maîtresse de ton coeur: tu me pris,tu me quittas; tu revins à moi, et je sus te rete-nir: le triomphe fut tout pour moi, et le déses-poir pour mes rivales. Il nous sembla que nousfussions seuls dans le monde ; tout ce qui nousentouroit ne fut plus digne de nous occuper.PI ût-au-ciel que mes rivales eussent eu le couragede rester témoins de toutes les marques d’amourque je reçus de toi! Si elles avoient bien vu mestransports, elles auraient senti la différence qu’ily a de mon amour au leur; elles auraient vuque , si elles pouvoient disputer avec moi decharmes, elles ne pouvoient pas disputer de sen-sibilité. ... Mais où suis-je! où m’emméne ce vainrécit! C’est un malheur de 11’être point aimée;mais c’est un affront de ne l’être plus. Tu nousquittes, Usbek, pour aller errer dans des climatsbarbares. Quoi! tu comptes pour rien l’avantaged être aimé! Hélas! tu ne sais pas même ce quetu perds! Je pousse des soupirs qui ne sont pointentendus! mes larmes coulent, et tu n’en jouispas! il semble que l’amour respire dans le serrail,et ton insensibilité t'en éloigne sans cesse ! Ah !mon cher Usbek, si tu savois être heureux!

Du serrail de Fatmé, le îl de la lunede Maharran 1711.