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Tome cinquième.
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PERSANES. 19

les soupirs avoient fait. Voilà, cher Ibbi, l’étatcruel dans lequel j’ai toujours vécu.

One tu es heureux! tes soins se bornent uni-

*V

quement à la personne d’Usbek; il t'est facile delui plaire et de te maintenir dans sa faveur jus-qu’au dernier de tes jours.

Du serrait d’Ispah a n, le dernier dede la lune de Saphar 1711.

LETTRE X.MIrza a son ami Usbejc.

A Erzeron.

T u étois le seul qui pût me dédommager del’absence de Rica , et il n’y avoit que Rica quipût me consoler de la tienne. Tu nous manques,Usbek; tu étois lame de notre société. Qu’il fautde violence pour rompre les engagements que lecoeur et l’esprit ont formés!

Nous disputons beaucoup ici: nos disputes rou-lent ordinairement sur la morale. Hier on miten question si les hommes étoient heureux parles plaisirs et les satisfactions des sens, ou par lapratique de la vertu. Je t’ai souvent ouï dire queles hommes étoient nés pour être vertueux, etque la justice est une qualité qui leur est aussipropre que l’existence. Explique-moi, je te prie ,ce que tu veux dire.