J’ai parlé à des mollaks, qui mi désespèrentavec leurs passages de l’alcoran; es je ne leurparle pas comme vrai croyant, mais comme hom-me , comme citoyen , comme péri de famille.Adieu.
D’Ispahan, le djrnier de la lunede Saphar 1711.
LETTRE XI
U S R E K A MllUA.A Ispahan.
1 u renonces à ta raison pour essayer la mienne:tu descends jusqu’à me consulter; tu me crois ca-pable de t’instruire. Mon cher Mirza, il y a unechose qui me flatte encore plus que la bonne opi-nion que tu as conçue de moi ; c’est ton amitié,qui me la procure.
Pour remplir ce que tu me prescris, je n’ai pascru devoir employer des raisonnements fort ab-straits. Il y a de certaines vérités qu’il ne suffitpas de persuader, mais qu’il faut encore fairesentir: telles sont les vérités de morale. Peut-êtreque ce morceau d’histoire te touchera plus qu’unephilosophie subtile.
Il y avoit en Arabie un petit peuple appeléTroglodyte, qui descendoit de ces anciens Troglo-dytes qui, si nous en croyons les historiens, ressem-bloient plus à des bête» qu’à des hommes. Ceux-ci