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Tome cinquième.
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LETTRES

pour me nourrir; une plus grande quantité meseroit inutile: je ne prendrai point de la peine pourrien.

Les terres de ce petit royaume n’étoient pas demême nature : il y en avoit d’arides et de monta-gneuses ; et d’autres qui , dans un terrain bas,étoient arrosées de plusieurs ruisseaux. Cette an-née la sécheresse fut très-grande, de manière queles terres qui étoient dans les lieux élevés man-quèrent absolument, tandis que celles qui purentêtre arrosées furent très-fertiles: ainsi les peuplesdes montagnes périrent presque tous de faim parla dureté des autres qui leur refusèrent de parta-ger la récolte.

L’année d’ensuite fut très-pluvieuse; les lieuxélevés se trouvèrent d’une fertilité extraordinaire ,et les terres basses furent submergées. La moitiédu peuple cria une seconde fois famine ; mais cesmisérables trouvèrent des gens aussi durs qu’ilsl’avoient été eux-mêmes.

Un de principaux habitants avoit une femmefort belle; son voisin en devint amoureux et l’en-leva : il s’émut une grande querelle ; et, aprèsbien des injures et des coups, ils convinrent des’en remettre à la décision d’un Troglodyte qui pen-dant que la république subsistoit avoit eu quelquecrédit. Ils allèrent à lui et voulurent lui dire leursraisons. Que m’importe, ditcet homme, que cettefemme soit à vous, ou à vous? j’ai mon champà labourer ; je n’irai peut-être pas employer montemps à terminer vos différends, et a travailler