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Tome cinquième.
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LETTRES

J2

s’écria d’une voix sévère: Je vois bien ce que c’est,ô Troglodytes ; votre vertu commence à vouspeser. Dans l’état où vous êtes , n’ayant pointde chef, il faut que vous soyez vertueux malgrévous ; sans cela vous ne sauriez subsister , et voustomberiez dans le malheur de vos premiers pères.Mais ce joug vous paroît trop dur; vous aimezmieux être soumis à un prince, et obéir à seslois moins rigides que vos moeurs. Vous savezque pour lors vous pourrez contenter votre am-bition , acquérir des richesses et languir dans unelâche volupté; et que, pourvu que vous évitiezde tomber dans les grands crimes, vous n’aurezpas besoin de la vertu. Il s’arrêta un moment,et ses larmes coulèrent plus que jamais. Et queprétendez-vous que je fasse? Comment se peut-ilque je commande quelque chose à un Troglodyte ?Voulez-vous qu’il fasse une action vertueuse par-ce que je la lui commande, lui qui la feroit toutde même sans moi et par le seul penchant de lanature? O Troglodytes, je suis à la fin de mesjours, mon sang est glacé dans mes veines, je vaisbientôt revoir vos sacrés aïeux ; pourquoi voulez-vous que je les afflige, et que je sois obligé de leurdire que je vous ai laissés sous un autre joug quecelui de la vertu?

D'Erzeron, le io île la lune deGemmaili , a, i"ii.

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