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Tome cinquième.
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I'EKSANES.

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LETTRE XV.

LE PREMIER EUNUQUE A JARON, EUNUQUE NOIR.

A Erzeron.

Je prie le ciel qu’il te ramène dans ces lieux ,et te dérobe à tous les dangers. Quoique je n’aieguère jamais connu cet engagement qu’on appelleamitié, et que je me sois enveloppé tout entierdans moi-même, tu m’as cependant fait sentirquej’avois encore un coeur; et, pendant que j’é-tois de bronze pour tous ces esclaves qui vivoientsous mes lois, je voyois croître ton enfance avecplaisir.

Le temps vint où mon maître jeta sur toi lesyeux. Il s’en falloit bien que la nature eût en-core parlé lorsque le fer te sépara de la nature.Je ne te dirai point si je te plaignis, ou si je sen-tis du plaisir à te voir élevé jusqu’à moi. J’appai-sai tes pleurs et tes cris. Je crus te voir prendreune seconde naissance, et sortir d’une servitude oùtu devois toujours obéir , pour entrer dans une ser-vitude où tu devois commander. Je pris soin deton éducation. La sévérité, toujours inséparabledes instructions, te fit long-temps ignorer que tum’étois cher. Tu me l’étois pourtant; et je te di-rai que je t’aimois comme un père aime son fils,si ces noms de père et de fils pouvoient convenirà notre destinée.

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