PERSANES.
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aussitôt convaincus. Il va même jusqu’à leur fairecroire qu’il les guérit de toutes sortes de mauxen les touchant, tant est grande la force et la puis-sance qu’il a sur les esprits!
Ce que je dis de ce prince ne doit pas t''étonner.Il y a un autre magicien plus fort que lui, quin’est pas moins maître de son esprit qu’il l’estlui même de celui des autres. Ce magicien s’ap-pelle le pape : tantôt il lui fait croire que troisne font qu’un ; que le pain qu’on mange n’est pasdu pain, ou que le vin qu’on boit n’est pas duvin ; et mille autres choses de cette espèce.
Et pour le tenir toujours en haleine, et nepoint lui laisser perdre l’habitude de croire, il luidonne de temps en temps de certains articles decroyance. Il y a deux ans qu’il lui envoya ungrand écrit qu’il appela constitution , et voulut‘obliger, sous de grandes peines, ce prince et sessujets de croire tout ce qui y étoit contenu. Ilréussit à l’égard du prince, qui se soumit aussitôt,et donna l’exemple^à ses sujets; mais quelques-unsd’entre eux se révoltèrent, et dirent qu’ils ne vou-loient rien croire de tout ce qui étoit dans cet écrit.Ce sont les femmes qui ont été les motrices detoute cette révolte qui divise toute la cour, tout leroyaume, et toutes les familles. Cette constitutionleur défend de lire un livre que tous les chrétiensdisent avoir été apporté du ciel : c’est proprementleur Alcoran. Les femmes, indignées de l’outragefait à leur sexe, soulèvent tout contre la constitu-tion : elles ont mis les hommes de leur parti, qui,