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Tome cinquième.
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.LETTRES

dans cette occasion , ne veulent point avoir de pri-vilège. On doit pourtant avouer que ce mouftineraisonne pas mal : et. par le grand Mali! il luitqu’il ait été instruit des principes de notre santéloi; car, onisque les femmes sont d’une créât oninférieure à la nôtre, et que nos prophètes musdisent qu’elles n entreront point dans le paracis,pourquoi faut-il qu’elles se mêlent de lire un livrequi n’est fait que pour apprendre le chemin duparadis ?

J’ai ouï raconter du roi des choses qui tiennentdu prodige; et je ne doute pas que tu ne balancesà les croire.

On dit que , pendant qu’il faisoit la guerre à sesvoisins qui s’étoient tous ligués contre lui, il a~oitdans son royaume un nombre innombrable den-nemis invisibles qui l'entouroient : on ajoute cu’illes a cherchés pendant palus de trente ans, et que,malgré les soins infatigables de certains dervis quiontsa confiance, il n’en a pu trouver un seul. Ihvi-ventaveclui; ils sont à sa cour, dans sa capitale, clansses troupes, dans ses tribunaux : et cependant ondit qu’il aura le chagrin de mourir sans les avoirtrouvés. On diroit qu’ils existent en général, etqu’ils ne sont {tins rien en particulier : c’est uncorps, mais point de membres. Sans doute que leciel veut punir ce prince de n’avoir pas été assezmodéré envers les ennemis qu’il a vaincus, puis-qu’il lui en donne d’invisibles, et dont le génie etle destin sont au-dessus du sien.