PERSANES.
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Rica jouit d’une santé parfaite; la force de saconstitution, sa jeunesse et sa gaieté naturelle,le mettent au-dessus de toutes les épreuves.
Mais, pour moi, je ne me porte pas bien ; moncorps et mon esprit sont abattus ; je me livre à desréflexions qui deviennent tous les jours plus tristes:ma santé, qui s'affaiblit, me tourne vers ma pa-trie, et me rend ce pays-ci plus étranger.
Mais, cher Nessir, je te conjure, fais en sorteque mes femmes ignorent l’état où je suis. Si ellesm’aiment, je veux épargner leurs larmes; et sielles ne m’aiment pas, je ne veux point augmen-ter leur hardiesse.
Si mes eunuques me croyoient en danger, s’ilspouvoient espérer l’impunité d’une lâche com-plaisance, ils cesseroient bientôt d’être sourds à lavoix flatteuse de ce sexe, qui se fait entendre auxrochers et remue les choses inanimées.
Adieu , Nessir. J’ai du plaisir à te donner desmarques de ma confiance.
De Paris, le 5 de la lunede Chahban 1711.
LETTRE XXVIII.
RICA A ***.
Je vis hier une chose assez particulière, quoi-qu’elle se passe tous les jours à Paris.
Tout le peuple s’assemble sur la fin de l’après-dinée, et va jouer une espèce de scène que j’ai