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Tome cinquième.
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LETTRES

entendu appeler comédie. Le grand mouvementest sur une estrade qu’on nomme le théâtre. Auxdeux côtés, on voit, dans def petits réduits qu’onnomme loges, des hommes et des femmes quijouent ensemble des scènes muettes, à peu prèscomme celles qui sont en usage en notre Perse.

Ici c’est une amante affligée qui exprime salangueur; une autre, plus animée, dévore desyeux son amant, qui la regarde de même : toutesles passions sont peintes sur les visages, et expri-mées avec une éloquence qui, pour être muette,n’en est que plus vive. Là les actrices ne parois-sent qu’à demi-corps, et ont ordinairement unmanchon, par modestie, pour cacher leurs bras.Il y a en bas une troupe de gens^ debout qui semoquent de ceux qui sont en haut sur le théâ-tre; et ces derniers rient à leur tour de ceux quisont en bas.

Mais ceux qui prennent le plus de peine sontquelques gens qu’on prend pour cet effet dans unâge peu avancé, pour soutenir la fatigue. Ils sontobligés d’être par-tout; ils passent par des en-droits qu’eux seuls connoissent , montent avecune adresse surprenante d’étage en étage; ils sonten haut, en bas, dans toutes les loges : ils plon-gent, pour ainsi dire: on les perd, ils reparais-sent; souvent ils quittent le lieu de la scène etvont jouer dans un autre : on en voit même qui,par un prodige qu’on n’auroit osé espérer deleurs béquilles, marchent et vont comme les au-tres. Enfin on se rend à des salles où l’on joue