LETTRES
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a été , pour la faire souvenir de ce qu'il n’est plusqui, toujours prêt à se donner, et ne se donnantjamais, se trompera, la trompera sans cesse, etlui fera essuyer à chaque instant tous les malheursde sa condition ?
Eh cpioi ! être toujours dans les images et dansles fantômes! ne vivre que pour imaginer! setrouver toujours auprès des plaisirs , et jamaisdans les plaisirs! languissante dans les bras d’unmalheureux, au lieu de répondre à ses soupirs,ne répondre qu’à ses regrets!
Quel mépris ne doit - on pas avoir pour unhomme de cette espece, fait uniquement pourgarder, et jamais pour posséder ! Je cherche l'amour,et je ne le vois pas.
Je te parle librement, parce que tu aimes manaïveté, et que tu préfères mon air libre et masensibilité pour les plaisirs à la pudeur leinte demes compagnes.
Je t’ai ouï dire mille fois que les eunuquesgoûtent avec les femmes une sorte de volupté quinous est inconnue ; que la nature se dédommagede ses pertes; qu’elle a des ressources qui réparentle désavantage de leur condition ; qu’on peut biencesser d’être homme, mais non pas d’être sensible ;et que, dans cet état, on est comme dans un troi-sième sens, où l’on ne fait, pour ainsi dire, quechanger de plaisirs.
Si cela étoit , je trouverais Zélide moins àplaindre. C’est quelque chose de vivre avec desgens moins malheureux.