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Tome cinquième.
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119
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PERSANES.

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Je réciterai quelques-uns de mes vers, et tu diras : J’yétois quand il les fit; c’étoit dans un souper, et ilne rêva pas un moment. Souvent même nous nousraillerons toi et moi ; et l’on dira : Voyez commeils s’attaquent, comme ils se défendent; ils nes’épargnent pas : voyons comment il sortira de là :à merveille ! quelle présence d’esprit ! voilà une véri-table bataille. Mais on ne dira pas que nous nousétions escarmouches la veille. Il faudra acheterde certains livres, qui sont des recueils de bonsmots, composés à l’usage de ceux qui n’ont pointd’esprit, et qui en veulent contrefaire ; tout dépendd’avoir des modèles. Je veux qu’avant six moisnous soyons en état de tenir une conversation d’uneheure, tonte remplie de bons mots. Mais il faudraavoir une attention; c’est de soutenir leur fortune:ce n’est pas assez de dire un bon mot, il faut lerépandre et le semer par-tout ; sans cela, autantde perdu; et je t’avoue qu’il n’y a rien de si déso-lant que devoir une jolie chose qu’on a dite, mourirdans l’oreille d’un sot qui l’entend. Il est vrai queSouvent il y a une compensation, et que nous disonsaussi bien des sottises qui passent incognito ; et c’estla seule chose qui peut nous consoler dans cetteoccasion. Voilà, mon cher, le parti qu’il nousfaut prendre. Fais ce que je te dirai, et je te pro-mets avant six mois une place à l’académie : c’estpour te dire que le travail ne sera pas long ; carpour lors tu pourras renoncer à ton art; tu serashomme d’esprit, malgré que tu en aies. On re-marque en France que, dès qu’un homme entre