E E T T R E S
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contraignis, car j’étois examiné. Quant à elle, ilme parut qu’elle versa quelques larmes. Son marivoulut me faire quelques mauvaises excuses; maisje le trairai comme le dernier des esclaves. Il futbien embarrassé quand il vit que je parlois à masoeur une langue qui lui étoit inconnue; c’étoitl’ancien persan, qui est notre langue sacrée. Quoi!ma soeur, lui dis-je, est-il vrai que vous ayezquitté la religion de vos pères ? Je sais qu’entrantau beiram,vous avez dû faire profession du maho-métisme: mais, dites-moi, votre coeur a-t-il puconsentir, comme votre bouche, à quitter unereligion qui me permet de vous aimer? Et pourqui la quittez-vous, cette religion qui nous doitêtre si chère ? pour un misérable encore flétri desfers qu’il a portés; qui, s’il étoit homme, seroitle dernier de tous. Mon frère, dit-elle,cet hommedont vous parlez est mon mari; il faut que je l’ho-nore, tout indigne qu’il vous paroît ; etjeseroisaussi la dernière des femmes, si.... Ah ! ma soeur^lui dis-je, vous êtesguébre: il n’est ni votre époux,ni ne peut l’être: si vous êtes fidèle comme vospères, vous ne devez le regarder que comme unmonstre. Hélas! dit-elle, que cette religion semontre à moi de loin ! à peine en savois - je les pré-ceptes, qu’jl les fallut oublier. Vous voyez que cettelangue que je vous parle ne m’est plus familière ,et que j’ai toutes les peines du monde à m’expri-mer: mais comptez que le souvenir de notre en-fance me charme toujours; que depuis ce temps-là je n’ai eu que de fausses joies ; qu’il ne s'est pas