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Tome cinquième.
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PERSANES.

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l’honneur de la nation, comme le fit bien voirun fameux général portugais dans les Indes car,se trouvant avoir besoin d’argent, il se coupa unede ses moustaches , et envoya demander aux ha-bitants de Goa vingt mille pistoles sur ce gage:elles lui furent prêtées d’abord, et dans la suite il* retira sa moustache avec honneur.

On conçoit aisément que des peuples graves etflegmatiques comme ceux-là peuvent avoir del’orgueil ; aussi en ont-ils. Ils le fondent ordinai-rement sur deux choses bien considérables. Ceuxqui vivent dans le continent de l’Espagne et duPortugal se sentent le coeur extrêmement élevélorsqu’ils sont ce qu’ils appellent de vieux chrétiens,c’est-à-dire, qu’ils ne s nt pas originaires de ceuxà qui l’inquisition a persuadé dans ces dernierssiècles d’embrasser la religion chrétienne. Ceuxqui sont dans les Indes ne sont pas moins flattéslorsqu’ils considèrent qu’ils ont le sublime mérited’être, comme ils disent, hommes de chair blan-che. Il n’y a jamais eu dans le serrail du grand-seigneur de sultane si orgueilleuse de sa beauté,que le plus vieux et le plus vilain mâtin ne l’estde la blancheur olivâtre de son teint, lorsqu’il estdans une ville du Mexique, assis sur sa porte, lesbras croisés. Un homme de cette conséquence,une créature si parfaite, ne travailleroit pas pourtous les trésors du monde, et ne se résoudroit ja-mais, par une vile et mécanique industrie, de com-promettre l’honneur et la dignité de sa peau.

1 Jean de Castro.

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