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Tome cinquième.
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LETTRES

d’armée; peut-être que le prince le va faire soncuisinier, et qu'il ne lui laissera plus à espérerd’autre éloge que celui d’avoir fait un bon ragoût.

De Paris, le iç de la lunçde Gemmadi, s, 1715.

LETTRE XC.

a

U S RE K AU MÊME,

A Smyrne.

De cette passion générale que la nation françaisea pour la gloire, il s’est formé dans l’esprit desparticuliers un certain je ne sais quoi qu’on appellepoint d’honneur: c'est proprement le caractèrede chaque profession ; mais il est plus marquéchez les gens de guerre-, et c’est le point d’hon-neur par excellence. Il me seroit bien difficilede te faire sentir ce que c’est; car nous n’en avonspoint précisément d'idée.

Autrefois les Français, sur-tout les nobles, nesuivoient guère d’autres lois que celles de ce pointd’honneur: elles régloient toute la conduite deleur vie; et elles étoient si sévères, qu’on ne pou-A'oit, sans une peine plus cruelle que la mort, jene dis pas les enfreindre, mais en éluder la pluspetite disposition.

Ouand il s’agissoit de régler les différends,elles ne prescrivoient gnère qu’une manière dedécision, qui étoit le duel, qui tranchoit toutes