PERSANES.
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les difficultés. Mais ce qu’il y avoit de mal, c’estque souvent le jugement se rendoit entre d’autresparties que celles qui y étoient intéressées.
Pour peu qu’un homme fût connu d’un autre,il falloit qu’il entrât dans la dispute, et qu’ilpayât de sa personne comme s’il avoit été lui-même en colère. Il se sentoit toujours honoréd’un tel choix et d’une préférence si flatteuse;'ettel qui n’auroit pas voulu donner quatre pistolesà un homme pour le sauver de la potence lui ettoute sa famille, ne faisoitaucune difficulté d’allerrisquer pour lui mille fois sa vie.
Cette manière de décider étoit assez mal ima-ginée; car, de ce qu’un homme étoit plus adroitou plus fort qu’un autre, il ne s’ensuivoit pas qu’ileût de meilleures raisons.
Aussi les rois l’ont-ils défendue sous des peinestrès-sévères: mais c’est en vain; l’honneur, quiveut toujours régner, se révolte, et il ne reeon-noît point de lois.
Aussi les Français sont dans un état bien vio-lent: car les mêmes lois de l’honneur obligent unhonnête homme de se venger quand il a été of-fensé; mais, d’un autre côté, la justice le punitdes plus cruelles peines lorsqu’il se venge. Si l’onsuit les lois de l’honneur, on périt sur un échafaud;si l’on suit celles de la justice, on est banni pourjamais de la société des hommes : il n’y a donc quecette cruelle alternative , ou de mourir, ou d’êtreindigne de vivre.
De Paris, le 18 île U lunede Gemmadi, î, 171;.