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LETTRES
astronomes sont des témoins oculaires de leurschangements, qui sont des effets bien naturels dumouvement universel de la matière.
La terre est soumise, comme les autres planètes,aux lois des mouvements ; elle souffre au dedansd’elle un combat perpétuel de ses principes: la meret le continent semblent être dans une guerre éter-nelle; chaque instant produit de nouvelles com-binaisons.
Les hommes, dans une demeure si sujette auxchancements, sont dans un état aussi incertain:cent mille causes peuvent agir, capables de lesdétruire, et à plus forte raison d’augmenter oude diminuer leur nombre.
Je ne te parlerai pas de ces catastrophes parti-culières si communes chez les historiens, qui ontdétruit des villes et des royaumes entiers: il y ena de générales , qui ont mis bien des fois le genrehumain à deux doigts de sa perte.
Les histoires sont pleines de ces pestes univer-selles qui ont tour à-tour désolé l’univers. Ellesparlent d’une, entre autres, qui fut si violente,qu’elle brûla jusqu’à la racine des plantes, et sefit sentir dans tout le monde connu , jusqu’à l’em-pire du Catay: un degré de plus de corruptionauroit, peut-être dans un seul jour, détruit toutela nature-humaine.
Il n’y a pas deux siècles que la plus honteusede toutes les maladies se fit sentir en Europe, enAsie, et en Afrique; elle ht dans très-peu de tempsdes effets prodigieux : c’étoit fait des hommes, si