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Tome cinquième.
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PERSANES.

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Car enfin , si c’est une mauvaise action denoircir dans l’esprit du prince le dernier de sessujets , qu’est-ce lorsque l’on noircit la nationentière , et qu’on lui ôte la bienveillance de celuique la providence a établi pour faire son bonheur?

Je voudrois que les hommes parlassent auxrois comme les anges parlent à notre saint prophète.

Tu sais que, dans les banquets sacrés où leseigneur des seigneurs descend du plus sublimetrône du monde pour se communiquer à ses escla-ves , je me suis fait une loi sévère de captiver unelangue indocile : on ne m’a jamais vu abandonnerune seule parole qui pût être amère au dernierde ses sujets. Quand il m’a fallu cesser d’êtresobre, je n’ai point cessé d’être honnête homme;et, dans cette épreuve de notre fidélité, j’ai ris-qué ma vie et jamais ma vertu.

Je ne sais comment il arrive qu’il n’y a presquejamais de prince si méchant que son ministre 11ele soit encore davantage : s’il fait quelque actionmauvaise, elle a presque toujours été suggérée;de manière que l’ambition des princes n’est jamaissi dangereuse que la bassesse d’ame de ses con-seillers. Mais comprends-tu qu’un homme quin’est que d’hier dans le ministère, qui peut-êtren’y sera pas demain , puisse devenir dans un mo-ment l’ennemi de lui-même, de sa famille, desa patrie , et du peuple qui naîtra à jamais decelui qu’il va faire opprimer?

Un prince a des passions; le ministre les remue:c’est de ce côté-là qu’il dirige son ministère; il n’a